Le secret pour être exaucé par Dieu

Que dois-je faire pour que Dieu m’exauce ? Quelle prière puis-je faire pour être exaucé ? Y a-t-il une prière plus efficace que les autres, une sorte de formule magique ? Ce sont là des questions que nous nous posons tous les jours quand nous demandons des choses à Dieu. La réponse est simple : il n’existe pas de formule magique qui une fois prononcée produit le résultat désiré. Il n’y a pas de magie avec Dieu. De plus notre relation avec Dieu n’est pas un contrat. C’est une alliance. Quand on signe un contrat on s’engage à faire certaines choses pour une personne exigeant que la personne fasse certaines choses pour nous en retour. Il n’y a pas de contrat avec Dieu. Soyons sûr de cela : Dieu donne quand il veut, à qui il veut, ce qu’il veut et comment il veut. Il n’y a pas de formule magique ni de contrat à respecter avec lui. Tout est grâce. Tout ce qui nous reste donc à faire pour répondre à la question c’est de voir dans la bible comment Dieu a accordé à certaines personnes ce qu’elles ont demandé. Cela pourrait nous aider dans notre façon de prier. Le Seigneur écoute toutes les prières qui sortent de nos coeurs. Et il décide de nous exaucer. Pourquoi ? Qu’est-ce qui peut bien faire fléchir Dieu ?

  1. « Epancher son âme devant Yahvé » (1 Sam1, 15)
    Anne, la future maman du prophète Samuel n’en peut plus. Elle va au temple et là elle prie d’une façon qui dérange le prophète Eli. On ne sait pas trop de quel genre de prière il s’agit. Tout ce qu’on sait c’est que « Anne parlait tout bas : ses lèvres remuaient mais on n’entendait pas sa voix » (1Samuel1, 13). Eli pense qu’elle est ivre car on priait normalement à haute voix. Alors il lui demande simplement de sortir pour aller passer son vin. C’est alors qu’Anne explique sa façon de prier : « j’épanche mon âme devant Yahvé » (1Sam1, 15). Le Psalmiste du psaume 42, qui vit des moments très difficiles, lui aussi utilise la même expression « mon âme sur moi s’épanche » (Ps42, 5). Cette façon de prier a touché le cœur de Dieu et il a accordé à Anne la grâce qu’elle demandait tant, un enfant ! Epancher signifie au sens propre « verser », « répandre », « étendre » ou de façon vulgaire « vomir ». Epancher son âme ou son cœur c’est laisser déborder ses sentiments. On ne calcule plus. On ne cherche plus ses mots. On ne contrôle plus sa prière. On n’arrange plus sa prière dans un bon langage. On vomit tout ce qu’on a au fond de soi avec sincérité et confiance.
  2. « l’excès de peine » (1 Sam1, 16)
    Dieu est sensible à « l’excès de peine ». Dieu est très sensible à notre misère. Voilà pourquoi il est miséricordieux. Il est attiré par la misère. Ce n’est pas la souffrance de l’homme qui fait intervenir Dieu. C’est l’excès de souffrance. Par moment Dieu lui-même réalise que notre souffrance est trop alors il intervient. C’est ainsi qu’il a laissé Israël vive en esclave jusqu’au jour où il a vu l’excès de peine. Alors il dit à Moïse : « j’ai vu, j’ai vu la misère de peuple qui est en Egypte. J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs ; oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer… » (Ex3, 7) On a presqu’envie d’ajouter « ouf ! Il était tant ! » A la mort de Lazare, Jésus n’a pas pleuré quand il parlait avec Marthe. C’est l’excès de souffrance de Marie qui l’a fait pleurer : « lorsqu’il la vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l’avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla…Jésus versa des larmes. » (Jn11, 33.35) Ta souffrance doit faire frémir Dieu. Dieu est très sensible à l’excès de notre peine. La veuve de Naïn en Luc7 en a fait l’expérience. Elle vient de perdre son fils unique. Une foule considérable de la ville et la pauvre veuve vont enterrer le fils unique. Elle ne demande rien à Jésus. Jésus a vu l’excès de sa souffrance : « en la voyant, le Seigneur eut pitié d’elle et lui dit : ‘ne pleure pas’. Puis, s’approchant, il toucha le cercueil…et le mort se dressa sur son séant et se mit à parler. » Dieu a agit seulement parce qu’il était touché par l’excès de souffrance de cette veuve. David résume si bien cette attitude de Dieu au verset 19 du psaume 51 : « le sacrifice à Dieu, c’est un esprit brisé ; d’un cœur brisé, broyé, Dieu, tu n’as point de mépris ».
  3. « tu aimes la vérité au fond de l’être » (Ps51, 8)
    Dieu fléchit devant la sincérité de l’Homme. Quand on épanche son âme on le fait déjà avec sincérité. On n’a plus rien à cacher. Dieu nous exauce quand il voit la vérité au fond de notre être. Il a exaucé la prière des pécheurs, des prostituées, etc. parce qu’il a vu la vérité au fond de leurs êtres. Ce qu’il a vu au fond d’eux n’était pas toujours beau mais ils étaient sincères avec leurs saletés et leurs maladies. Quand nous demandons des grâces à Dieu souvenons-nous toujours que « il ne s’agit pas de ce que voient les hommes, car ils ne voient que les yeux, mais Yahvé voit le cœur. » (1Samuel16, 7) Yahvé est impitoyable en Isaie 1 : « 12 Quand vous venez vous présenter devant moi, Qui vous demande de souiller mes parvis? 13 Cessez d’apporter de vaines offrandes: J’ai en horreur ! L’encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; Je ne supporte pas fausseté et solennité. 14 Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter. 15 Quand vous étendez vos mains, je détourne les yeux ; Quand vous multipliez les prières, je n’écoute pas: Vos mains sont pleines de sang. 16 Lavez-vous, purifiez-vous, Otez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions; Cessez de faire le mal. 17 Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l’opprimé; Faites droit à l’orphelin, Défendez la veuve. 18 Venez et plaidons! dit Yahvé. » La sincérité nous sauvera.
  4. Importuner Dieu ou “rompre la tête de Dieu” (Lc18)
    Dans un langage courant on dirait qu’il faut « déranger » Dieu. Cela nous est suggéré par la parabole du juge inique et de la veuve importune (Lc18). La veuve venait toujours trouver le juge avec la même demande : « rends-moi justice contre mon adversaire » et le juge refusait toujours. Finalement c’est le juge qui cède en disant « comme cette veuve m’importune, je vais lui rendre justice, pour qu’elle ne vienne pas sans fin me rompre la tête ». La veuve a cru jusqu’au bout. Elle a prié sans cesse et elle ne s’est pas découragée. C’est le message que Jésus a voulu faire passer à ses disciples à travers cette parabole : « il leur disait une parabole sur ce qu’il leur fallait prier sans cesse et ne pas se décourager » (Lc18, 1). Jésus nous rassure : « Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit, tandis qu’il patiente à leur sujet ! Je vous dis qu’il leur fera prompte justice. Mais, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc18, 7) « prier sans cesse », « ne pas se décourager », « crier vers lui jour et nuit », « persévérer dans la foi », voilà ce qui va faire fléchir Dieu.

Aie confiance. « Rien n’est impossible à Dieu » (Lc1, 37). Que sa volonté soit faite !

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