Les pièges de la prière

  1. Je ne sais pas prier, je veux apprendre à prier

On entend souvent des gens dire « je ne sais pas prier », « je veux apprendre à prier ». Ce n’est pas vrai. Nous savons tous prier. La prière c’est « j’épanche mon âme devant Yahvé » (1Sam1, 15) Pour le prophète Eli la façon de prier de Anne n’est pas une prière. Il va se rendre compte que la prière c’est ce qui jaillit du cœur de la personne peu importe la forme qu’elle prend. Nous pouvons apprendre des formes de prière mais ça c’est l’extérieur, c’est l’emballage. Dieu lui voit le cœur et il écoute les cris du cœur. Nous savons donc tous prier. Nous avons tendance à soigner davantage la forme extérieure de la prière. Dieu nous a donné des dons il faut les mettre au service de l’adoration de Dieu. Mais soyons plus le contenu de la prière. Prions plus avec nos cœurs, à partir de ce que nous vivons tous les jours.

  1. Je te donne, tu me donnes

Très souvent nous prions avec la logique du donnant-donnant : je te donne ma prière, tu me donnes les grâces. Nous avons donc une relation de contrat avec Dieu. Dieu ne signe pas de contrat avec nous. Il veut une relation d’amour avec nous. La prière chrétienne est plutôt l’expression d’une relation personnelle d’amour avec Dieu. C’est la relation de « enfant-parent ». L’enfant fait des choses que ses parents lui demandent sans en attendre quelque chose en retour. Et souvent l’enfant reste simplement en présence de ses parents entrain de dormir sur leurs pieds. Dieu donne en abondance quand il veut, à qui il veut, comment il veut. Tout ce qu’il nous demande c’est de l’aimer.

  1. L’esprit magique

Beaucoup parmi nous prions avec un esprit magique. Nous nous disons « si je prononce telle prière, à telle heure, de telle façon… j’obtiendrai la grâce que je veux. » Nous avons tous cette tentation quand nous prions. La prière chrétienne n’est pas de la magie. Ce n’est pas la façon de prier qui nous donne les grâces que nous demandons. C’est Dieu, et Dieu seul qui nous accorde les grâces. Rien, et personne ne peut le forcer à nous donner des grâces. La prière nous met simplement dans une relation profonde d’amour avec Dieu.

  1. La routine, j’en ai marre

On entend souvent des gens dire « ma prière, c’est de la routine, j’en ai marre…je ne sens pas que je prie…je veux quelque chose de nouveau…quelque chose de plus excitant… » Nous devrions faire attention avec ce désir de « prière extraordinaire ». La routine, la prière régulière, à des heures fixes, récitant des paroles comme le bréviaire a pour but de faire de la prière une tradition. Nous entrons dans une tradition de l’église et la prière entre dans notre vie comme un élément normal non négociable. On acquiert une maturité spirituelle et même humaine à travers une vie rythmée qui ne dépend pas de l’humeur personnelle. Prier doit devenir comme dormir. Quand on cherche toujours à inventer des façons extraordinaires de prier on court le risque de se satisfaire soi-même, de se faire plaisir. La prière cherche surtout à faire plaisir à Dieu.

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